Deuxième Édition – 13 avril 2020

 

Sommaire

Mini-édito au gluten
Fiat lux et facta est lux (texte court)
Là-bas – épisode 1 (texte court)
Vegan ! (texte court)
Sortir (poème)
Vole (poème)
La découverte (poème)
Le roi de la phtalate (poème)
Conclusion avec sucre ajouté



Mini-édito au gluten

Numéro deux, qui presque jamais ne sortit, mais qui est ravi de vous voir z’ici si prompts à vous écorcher les yeux sur ces textes bruts, qui n’ont reçu de correction que celle d’un martinet bienveillant. Excusons-nous par avance de ne pas être enclins à nous excuser de toutes les offenses que nous pourrions vous faire. Même ces excuses-là sont un camouflet. Que la bien-pensance nous honore de son dégueulis d’insultes et de reproches, nous nous en délectons déjà. Venez à nous pour partager un texte, nos colonnes vous sont ouvertes, et nos cœurs acquis. 

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Fiat lux et facta est lux

par @MetalAssBender

@MetalAssBender

Le réveil

Je me réveille d’un long sommeil, les yeux collés et une trace d’oreiller sur la joue. Je n’ose pas imaginer l’état de ma coiffure.

— La vache, j’ai bien dormi. Quelle heure il est ?

Je regarde la pendule cosmique.

— Bon moi !  Sept-cent-trente-sept-mille-trois-cents jours ! Mazette ! C’était pas une sieste, j’ai fait ma nuit. Bon, quel temps il fait en bas ?

Je me redresse et je prends quelques secondes sur le rebord de mon nimbostratus. Il me faut quelques jours pour reprendre mes esprits. J’ai la tête qui tourne. J’arrive enfin à me mettre debout. Oups, j’ai oublié ma toge, je ne peux pas sortir comme ça. Je l’enfile. Je m’avance et je me penche au bord du cumulonimbus qui me sert d’habitat céleste. Je regarde ma création avec la hauteur du Tout-Puissant, normal, c’est moi.

— Bordel ! Mais… qu’est-ce qu’ils ont glandé ? C’est quoi ce foutoir ?

Je vois à peine à travers l’atmosphère jaunie, je suis obligé d’utiliser mon omniscience pour essayer de comprendre ce qu’il se passe en bas. Ce que je vois me terrifie.

— Comment j’ai pu dormir si longtemps ? Personne n’a prié ? Comment ça se passe ?

Je regarde si le réseau est toujours en ligne. Non. Aucune connexion.

— Ah ben c’est sûr, ils pouvaient toujours m’implorer… qui est-ce qui m’a foutu un machin pareil ? Moi ? Ouais, pas faux.

Intérieurement, je me questionne pour comprendre comment ils ont pu se débrouiller pour arriver à un tel résultat en si peu de temps.

— Pourtant, avant, il se démerdaient pas trop mal. Je comprends pas, j’ai dû oublier un truc, c’est pas possible.

Je vérifie les données implémentées pour l’humanité sur mon transpondeur temporel. Je suis stupéfait de ce qui s’affiche sous mes yeux.

— Mais c’est ça ! J’ai oublié de leur refiler le gêne de l’intelligence innée… Je l’ai pourtant mis à toutes les autres créatures. Je me souviens pas avoir voulu expérimenter ça. J’ai dû me planter. Bon, je peux pas laisser ça comme ça, ils vont tout bousiller ces imbéciles.

Mise à jour

J’utilise mon omnipotence pour diminuer la température de trois degrés. Je modifie la composition de l’atmosphère pour retirer les gaz à effet de serre. Ensuite, je continue en faisant croitre la glace sur les pôles. Après cela, je reverdis les forêts primaires. Il faut également que je réimplante un grand nombre d’espèces qui, curieusement, ont disparu.

— Ça m’a l’air déjà un peu mieux. Mais bon, c’est pas top non plus. Tiens , c’est quoi ça ? Mais pourquoi le taux de radiation est aussi élevé ?

Je comprends en omniscientisant les modes d’énergie et les armements des Hommes.

— Mais qui leur a donné ces informations ? J’avais dit qu’il fallait pas leur faire connaître ça. Regardez-moi ça, ils en ont foutu partout ! Allez hop, ça, on vire.

Pouf ! D’un claquement de doigt, plus d’arsenal nucléaire, plus de centrales atomiques. D’un autre, je réduis la radiation à son taux initial. C’est beaucoup mieux. En observant la situation de plus près, je prends connaissance de la misère, de la pauvreté et je vois certains se gaver alors que d’autres meurent de faim.

— Mais ils ont absolument rien compris au concept… c’est désespérant. Il faut vraiment tout faire soi-même. Allez, ça aussi ça dégage.

Une pensée me suffit à faire disparaître les bourses et la haute finance. Je crée la nourriture manquante et j’égalise le tout pour que chacun ait de quoi vivre. Il va me falloir encore un petit moment pour gérer tout ce capharnaüm. Je dois faire plus attention.

Épilogue

Je descends d’un étage pour retrouver les archanges et mon fiston. Je les regarde, ils sont tranquillement installés devant un cirrostratus à faire une partie de Populous. Mon sang divin ne fait qu’un tour.

— Mais sérieusement, vous vous moquez de qui ? Vous avez vu le boxon qu’ils ont foutu en bas ? Personne n’a rien remarqué ?

Aucun ne répond, ils n’aiment pas quand je suis en colère. Tout le cumulonimbus se charge d’électricité et tonne. Je fais des gros yeux au petit Jésus.

— Dis-donc toi ! J’en ai marre. T’es une vraie plaie. Heureusement que ta mère est pas là pour voir ça. Un adolescent qui passe son temps à jouer au stratus et qui sort même pas vider les poubelles.

— Mais ! Papa ! C’est Uriel et Michel qui m’ont lancé un défi…

— Tu as toujours des excuses de toute façon. Quand c’est pas Judas, c’est un autre. C’est jamais toi. Allez, hop, debout, t’as du pain sur la planche.

— Quoi ?

— Tu y retournes !

— Ah non pas question. La dernière fois, je me suis fait torturer.

— Nan, mais cette fois-ci, ce sera différent. Promis.

— Mouais… non, mais non ! J’irai pas !

— Tu vas obéir oui ? Je suis ton père !

Il va quand même pas continuer à me casser les pieds longtemps ce petit insolent. Depuis qu’ils l’ont messifié, il a pris la grosse tête. Je jette un regard mauvais aux archanges, histoire de leur faire comprendre qu’ils doivent se remettre au travail. Voilà, c’est comme ça qu’on remet de l’ordre. bon, maintenant, il faut que je m’occupe des autres univers…

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Là-bas – Épisode I

Par @WapinBlanc

Je pousse la porte de la maison. Je suis enfin chez moi après tout ce temps passé en exil. J’apprécie l’odeur qui flotte dans mon hall d’entrée, le parfum du foyer retrouvé. Aussitôt, Billy vient à ma rencontre. Il est ébahi par ma seule présence et je ne puis l’en blâmer. À dire vrai, je n’aurais jamais pensé le revoir, moi non plus.

— M’sieur ?! Mais vous… vous êtes allé là-bas ? Et vous en êtes revenu ?!?

— Oui Billy, et j’en ai vu de belles.

— Racontez-moi ça, je veux tout savoir !

— Prépare-nous une bonne tasse de thé et rejoins-moi dans le salon, lui dis-je, lui ébouriffant les cheveux alors qu’il s’exécute en poussant des cris de joie.

Je m’assois dans mon canapé et je manque de m’endormir sur-le-champ. Il y avait longtemps que je n’avais pas ressenti un tel confort.

— Cette tribu a bien failli avoir ma peau, me dis-je en m’étirant de toutes mes forces.

Bientôt, Billy revient avec le thé. Un bon vieux sachet d’Earl Grey bien industriel et non-équitable de chez Twinnings, rien de mieux pour rincer mon gosier asséché. Je mets les pieds sur mon pouf en cuir véritable et je contemple mon plafond un instant.

Billy est mort de curiosité, il me presse de ses questions.

— Alors M’sieur ? C’était comment ?!

Avant de lui répondre, je prends une longue bouffée de ma pipe. On dit qu’au moment de mourir, on voit sa vie défiler devant ses yeux, mais je peux vous dire que c’est également le cas au moment où l’on revit enfin après une période de douleur profonde.

Quand je suis arrivé là-bas, j’ai été accueilli à bras ouverts. Ils se sont jetés à mon cou et m’ont souhaité la bienvenue à plusieurs reprises. « Bienvenue et crois en toi » m’avaient-ils dit avec bienveillance. Je me souviens de cette fille qui s’était accrochée à moi, humant discrètement le parfum délicat de mon eau de toilette. Elle avait l’air d’être en état de manque, car, non contente de presser son bas-ventre contre le mien, elle me donnait l’impression de vouloir m’aspirer tout entier à travers ses narines.

Je compris par la suite que leurs coutumes prohibaient une telle conduite, car elle s’était habilement détachée au moment où les autres s’étaient rendu compte que le câlin tirait un peu trop en longueur pour être honnête. L’instant d’après, elle chuchotait quelque chose à l’oreille du chef du village, qui s’adressa à moi immédiatement.

— Bienvenue et croyez en vous, étranger. Par contre… euh… ça m’ennuie de vous demander ça ! Je me permets, hein ? Alors… euh… pourriez-vous s’il vous plaît aller sans attendre vous laver dans la rivière ? Votre parfum a quelque peu déstabilisé notre jeune camarade ici présente. Elle s’est sentie attirée par votre odeur durant votre étreinte.

— Ah euh… Mais c’est elle qui… je… vous m’en voyez désolé ! dis-je humblement.

— Aucun problème mon ami, ce n’est pas si grave. Et vous êtes parfait comme vous êtes, surtout n’en doutez pas.

— Oui. Vous êtes super comme ça ! scandèrent les autres en chœur.

— Du coup puisque ce n’est pas si grave, je peux rester comme ça ? Pas besoin d’aller à la rivière ?

— Si. Parce que notre amie se sent à présent offensée. Elle ne cherche pas de relation pour l’instant vous savez.

— Mais…mais je n’ai rien fait ! Vous êtes sûrs que je suis bien comme je suis ?

— Surtout ne changez rien.

— Sauf mon parfum, parce qu’il déclenche malgré moi un intérêt de la part de cette fille ?

— Voiiiiilà.

Il me prit en aparté.

— C’est ainsi que ça marche ici. Quand une femme fait des avances, il faut immédiatement la rejeter. Ainsi nous évitons plus facilement un procès. Vous savez, notre système judiciaire est très performant depuis qu’on utilise les réseaux sociaux comme salle de tribunal.

— Vous m’en direz tant ! fis-je, les yeux ébahis.

— Puis c’est meilleur pour l’environnement de ne pas porter de parfum. C’est un peu comme le maquillage qui est imposé par la frange patriarcale de notre société, et qui vise à transformer la femme en objet sexuel, voyez-vous.

— La frange patriar… bon.

Ne voyant pas ce qu’une coupe de cheveux pour homme venait faire dans l’histoire, et ne voulant pas démarrer un esclandre à peine arrivé, je me suis exécuté à contrecœur. Arrivé à la rivière, j’ai déballé ma trousse de toilette et en ai extirpé mon savon. À ce moment exact, une autre femme m’a abordé.

— Dites donc, étranger, ce n’est pas pour vous critiquer – je ne me permettrais pas car vous êtes super – mais vous savez qu’il y a de l’huile de palme dans votre savon ?

Il m’apparut alors clair que mon voyage là-bas ne faisait que commencer…

(À suivre)

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Vegan !

Par @CondieRais

C’est arrivé peu de temps après le jour de mes cinquante ans.

J’imagine que l’idée avait dû faire son chemin tout doucement, sans bruit, ramper lentement au fond de mon cerveau imbibé de Sauvignon avant de jaillir à la surface. Les choses arrivent rarement comme ça, d’un seul coup. Et elles résultent la plupart du temps d’un faisceau de facteurs, rarement d’une cause unique. C’est valable pour les grands événements historiques comme pour la plupart des décisions qui jalonnent notre misérable existence. On pense qu’on a fait ceci ou cela « sur un coup de tête », alors qu’en réalité, c’est la conséquence d’un long et complexe processus de maturation inconsciente.

Bref.

Je n’ai jamais été un gamin de la campagne. J’ai toujours habité la banlieue, ou le centre-ville de Paris. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours passé mes vacances au bord de la mer ou dans des métropoles à l’étranger, ou encore dans des réserves africaines. Autrement dit, je n’ai jamais réellement fait le lien entre le jambon-beurre que je m’enfilais chaque matin depuis des années au petit déjeuner, et l’animal vivant appelé « cochon » ou « porc ». – pour tout dire, je me rends compte en écrivant ces lignes que je n’ai jamais vu de cochon, en un demi-siècle, autrement qu’en photo ou à la télé. Pas plus que je n’ai jamais fait le rapprochement entre la délicieuse blanquette de ma grand-mère et le mignon petit veau arraché à sa mère, ni entre le bœuf-bourguignon et l’animal concerné, etc. Dans mon schéma mental, un « steak-frites » a toujours été un plat qui aurait pu tout aussi bien pousser sur les arbres ou être fabriqué dans une usine spécialisée. La viande était pour moi une matière première comestible comme une autre – non, je corrige, ma préférée -, comme les champignons, comme les carottes, et ainsi de suite.

Je réalise à quel point nous pouvons savoir une chose sans en avoir pleinement conscience.

§

Il ne s’agit pas ici d’écrire un texte militant, de faire la morale à qui que ce soit, ni même d’essayer de vous convaincre de suivre mon chemin, cher lecteur. Après tout, j’ai bouffé des rillettes, du saucisson, j’ai avalé toutes sortes de viandes pendant cinquante ans. Je m’en suis régalé. Chaque jour de ma vie, ou quasiment. Alors je serais gonflé de venir emmerder mes semblables sous prétexte que j’ai arrêté. Comme si je ne sais quelle révélation divine m’était soudainement dégringolée dessus et que je me sentais un devoir moral supérieur d’aller porter je ne sais quelle bonne parole urbi et orbi.

Du tout.

J’allais dire, bien au contraire.

Pour être tout à fait honnête, j’ai l’impression d’être tombé dans un piège. Un peu comme pour la cigarette – je suis un gros fumeur depuis trente-cinq ans -, mais à l’envers. De même que je me ruine la santé avec le tabac sans pouvoir m’arrêter pour autant, je me ruine le moral sans pouvoir remanger de la viande. Dans un cas, je suis piégé par l’accoutumance. Dans l’autre, par un impératif moral dans lequel je me suis enfermé tout seul, et qu’on pourrait résumer de la manière suivante : mon plaisir ne mérite pas la souffrance endurée par un animal au cours de son élevage, de son transport et de son abattage.

Alors c’est tout juste si je ne suis pas en train de vous mettre en garde, chers lecteurs carnivores. Ne vous posez pas de question, n’allez pas vous gâcher la vie avec des interrogations sur les veaux, vaches, cochons et autres volailles.

Vous risqueriez de le regretter chaque foutu jour que Dieu fait.

Voilà, j’ai toujours été le contraire d’un militant, de toute façon.

§

La viande me manque, putain.

La charcuterie, surtout.

Je tente d’aller chercher un peu de réconfort sur Internet. Histoire de me sentir moins seul. C’est dire si je régresse, parce que je sais d’expérience qu’on trouve beaucoup de choses, sur la Toile, mais plutôt dans la catégorie immondices en tous genres.

N’empêche, je m’inscris pour participer à un forum vegan, après avoir fait un petit tour sur ce qui existe sur le Web. Je me dis qu’il y a bien ici quelques personnes dans mon genre, des néo-convertis qui ont le plus grand mal à faire leur deuil des côtelettes de porc et du double cheeseburger.

Sauf que ça ne tourne pas comme je l’espérais…

Je balance un post complètement honnête sur le fait que j’ai arrêté la viande – je mange tout de même du poisson et des fruits de mer, ajouté-je en toute transparence -, mais que les plats en sauce me manquent, que c’est dur, est-ce normal ? Combien de temps faut-il pour que ça passe ?

Et là, on me tombe dessus à bras raccourcis :

— Comment est-ce que j’ose venir souiller un temple du véganisme alors que je mange des pauvres poissons ?

— Est-ce que j’ai au moins eu la décence d’arrêter les œufs ? Et le lait ? Les yaourts ? Et le fromage?

Non ? Et bien je suis responsable de la torture infligée à des dizaines de millions de poules et de vaches, atrocement exploitées pour mon sale petit confort égoïste. Sans parler des millions de poussins mâles broyés après qu’ils aient à peine vu le jour, parce qu’un coq, ça ne pond pas. Donc, on les massacre de la pire des façons. Pour le reste, ai-je sérieusement songé à la souffrance de la langoustine qu’on ébouillante ? Ne suis-je donc pas une sorte de nazi, en pire, venu provoquer les véritables sauveurs de la planète ? Hum ?

S’ensuit un débat confus au sujet des huîtres et des moules. Un intervenant avance qu’on peut en manger, parce que ça n’a pas de cerveau, un coquillage, on peut même considérer que d’un certain point de vue, ce n’est pas vraiment un animal.

Le pauvre type se fait sèchement renvoyer dans les cordes par l’un des Grands Prêtres du Temple : « Les coquillages, ça possède un système nerveux. Donc ça souffre. Point barre. Et dehors, le fasciste qui prend la défense du nazillon ! »

Lâchement, je prends le large au moment où on m’interroge sur le sort que je réserve aux moustiques l’été.

Je me déconnecte.

§

Un week-end, je me retrouve à la campagne – je hais la campagne, mais je n’ai pas le temps de vous raconter le concours de circonstances qui m’a amené ici. Je passe devant un champ peuplé de vaches. Elles sont très belles, dans les tons blancs et noirs. Il émane d’elles une force tranquille, une sorte de bienveillance même. Je m’arrête au bord de la route et je descends de la voiture pour m’approcher de l’enclos.

L’une d’elle se tourne vers moi. Elle continue de mâchonner un peu de foin, tout en me dévisageant. Dans son regard, je ne sens rien. Pas une once de reconnaissance. Pas la moindre petite lueur qui dirait : « Merci, mon grand, de ce que tu fais pour nous. Tiens le coup ! Ne te laisse pas abattre ! On est avec toi ! »

Pff. Bande de sales ingrates

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Sortir

Par @AntonyAulin

Pousser les murs
De la pointe du stylo
Et que se fissurent
Les envies de bistros
Pleins à craquer

Au diable les ratures
Suivons le tempo
Pour célébrer la lecture
Les longs moments en solo
L’espoir craquelé

Désormais on mesure
Chaque jour clos
La chance pure
Qui coulait à flot
De pouvoir se déplacer

 

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Vole

Par @BernieCalling1

Vole, vole mon papa
Vole, vole retrouver ton amour
Vole, tu ne l’as pas volé
Aurait pu te chanter Céline Dion
Moi, je te dis
Merci pour les heures de lecture à deux en secouant cette feuille de papier comme le demandait la logopède. Oui-Oui ne devait pas être ta tasse de thé, mais toute la bibliothèque y est passée.
Merci pour m’avoir permis d’être ton second dans les gros travaux que tu faisais dans la maison.
Merci pour l’apprentissage du vélo.
Merci pour les jours de départ en vacances où on chargeait la voiture.
Merci pour les châteaux de sable et les bagarres contre la mer pour protéger le paravent des marées.
Merci pour tout ce que tu as apporté à ma vie, les heures de conduite accompagnée, jouer au chauffeur pour l’association dont je faisais partie.
Merci et tu vas me manquer énormément
Ta place est auprès de maman, là où tu es le plus heureux.

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La découverte

Par @PetrovskyBL

Il y a donc plus de jours à vivre
Que d’éternités à les attendre
Je n’y étais pas préparé
Mais je les savoure déjà

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Le roi de la phtalate

Par @DeuxDents

Bonjour, bonjour gentes dames,
Venez admirer cette gamme
Des produits caressant votre nez
Vos narines en seront enchantées !

Suave exhalaison florale
Fragrance Bois de Santal
Effluve épice virile
Parfums qui titillent !

Vous pouvez vous extasier
Devant ces poudres colorées
Vous rendre belle, tel est mon contrat
Votre teint vous en remerciera !

Un fard sur la joue, une ombre à paupière
Que ce soit bleu azur ou ocre terre
Quelle classe ! Quel éclat!
Votre beauté nous éblouira!

Cependant, un léger détail
Ce n’est rien, un petit rien qui vaille
Qu’on s’y attarde, c’est d’un ennui…
Eussiez-vous cru que c’était gratuit ?
Que votre peau, que votre santé
N’en soient point affectées?

Que pensiez-vous, mes très chères?
Qu’aucun prix n’y était lié ?
Le coût est celui de vos chairs
Toutes flétries et toutes ridées !

C’est que, voyez-vous mes amies,
Je ne vous rends service, que nenni !
Je suis le roi de la phtalate
Du cancer et de la stigmate!

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Conclusion avec sucre ajouté

Et voici le pdf, pour ceux qui aiment encore lire en format papier : LEPAL 2

On vous dit à bientôt, rejoignez-nous sur twitter et ne participez pas au challenge #GobeTonAubergine sauf si vous avez un bon verre d’eau !

Bises.

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