Billet d’humeur #9

Il est à toi, ce doux billet, toi qui n’as pas compris pourquoi d’un coup des gens que tu croyais inoffensifs ou pire : amis, se sont jetés sur toi. De siècles en siècles ils ont existé sans qu’on puisse identifier leur source. Certainement une canalisation d’eau usée mal soudée qui depuis l’existence des échanges verbaux dégueule à travers leurs bouches. Ce billet est aussi pour toi, Ô divin bien-pensant, nous ne sommes que des cafards que tu écrases sous tes pieds magnifiques et qui sentent la rose…

… Ô Saint Branlitos le bienpensant masqué !

par @petrovskybl

Alors que je me baladais, clopin-clopant mais sans tabac, sur la toile ces jours-ci, je me suis à nouveau laissé surprendre par l’araignée immonde qui l’avait tissée. Une connaissance, une amie, une partenaire de délires, venait d’être sauvagement attaquée par des individus au courage aussi démesurément insignifiant que le chibre de leur leader et nauséabond que la vulve de leur muse. Qu’avait fait mon amie pour être ainsi caillassée en place de grève ? Elle avait exprimé, passivement, une opinion. Elle s’était opposée à la pensée unique de ceux qui imaginent dominer les autres par leur démagogie saillante et tabassent tous les obstacles qu’ils croisent à grands coups de péremptoire et de victimisation, elle a fait cela sobrement, en refusant de ne pas suivre sur les réseaux un gus dont ils ont fait leur ennemi juré.

Schopenhauer, dans son Art d’Avoir Toujours Raison, qui semble avoir été écrit par une de mes ex, nous dit ceci : La dialectique éristique est l’art de la controverse (à vos souhaits), celle que l’on utilise pour avoir raison, c’est-à-dire per fas et nefas*. On peut en toute objectivité avoir raison, et pourtant aux yeux des spectateurs, et parfois pour soi-même, avoir tort. [*locution latine signifiant par tous les moyens possibles]. Je vais vous spoiler la fin, car de toute façon vous ne lirez pas je le sais cet excellent ouvrage, trop occupés que vous êtes à déglutir l’une de ces bouses posées en tête de gondoles ou de ces diarrhées auto-éditées par un écrivain en non-avenir mais qui vous fait un follower de plus, voici donc la fin, que le gars Arthur nomme : L’Ultime Stratagème. Soyez personnel, insultant, malpoli. Lorsque l’on se rend compte que l’adversaire nous est supérieur et nous ôte toute raison, il faut alors devenir personnel, insultant, malpoli. Et le philosophe de conclure : Le seul comportement sûr est donc celui que mentionne Aristote dans le dernier chapitre de son Topica : de ne pas débattre avec la première personne que l’on rencontre, mais seulement avec des connaissances que vous savez posséder suffisamment d’intelligence pour ne pas se déshonorer en disant des absurdités, qui appellent à la raison et pas à une autorité, qui écoutent la raison et s’y plient, et enfin qui écoutent la vérité, reconnaissent avoir tort, même de la bouche d’un adversaire, et suffisamment justes pour supporter avoir eu tort si la vérité était dans l’autre camp. De là, sur cent personnes, à peine une mérite que l’on débatte avec elle. On peut laisser le reste parler autant qu’ils veulent car desipere est juris gentium*, et il faut se souvenir de ce que disait Voltaire : « la paix vaut encore mieux que la vérité », et de ce proverbe arabe : « Sur l’arbre du silence pendent les fruits de la paix. » [locution latine signifiant extravaguer est un droit des gens].

Que pouvons-nous dire de tout cela si ce n’est que mon amie a croisé la route d’un adepte de la verve inutile et de la verge cinglante ? Par une méconnaissance totale de la pluralité du monde qui les entoure, par l’incompréhension de leur propre insignifiance ou par l’excès de lait maternel certainement trop riche en fibres, il naît épisodiquement des êtres qui se croient dotés d’un pouvoir presque divin, en tout cas qui leur semble indiscutable, celui d’avoir toujours raison et de posséder le droit de vie et de mort sur ceux qui s’opposent à leur superbe, soit par principe, soit en s’exprimant simplement dans une direction différente. Ces êtres ont la particularité de devenir violents et de chercher l’annihilation de l’autre systématiquement. Ce sont souvent des personnages sans vie propre, sans recul ni capacité de raisonnement. Un peu comme des religieux ou des astrologues, leur conviction de maîtriser les arcanes d’un univers qu’ils ne font que fantasmer les enferme dans le tourbillon d’une réalité dont ils sont incapables de s’extraire, même avec de l’aide, aide qui les dégoûte d’ailleurs plus qu’elle ne les convainc, et les persuade une fois de plus de rester dans leur obscurantisme de pensée unique. Et v’la t’y pas qu’en plus ils se mettent à gueuler sur tout ce qui bouge, et, c’est encore plus drôle, sur ce qui ne bouge pas non plus. Ils arpentent les allées de la société munis d’un emporte pièce, et à tous ceux qui n’en respectent pas précisément les contours ils assurent une destinée funeste accompagné d’un coup de pied au cul. Ils nous brisent les oreilles à se vouloir des révolutionnaires, des chevaliers blancs incorruptibles et récipiendaires de la toute puissance de la révélation ultime sur ce qui doit être ou ce qui ne le doit pas. En gros, ils nous emmerdent.

Mais alors quoi ? On ne peut plus rien dire, et même ici, dans l’antre de l’expression libre et libertaire, l’auteur de ces mots voudrait censurer les harceleurs de l’esprit dont la diatribe est une forme de parole qui ne saurait être contrainte ? Mais non Léon, répondrais-je à cela. Loin de moi l’idée de tailler dans leurs propos, mais s’il est possible qu’une poignée de sans-couilles (sans ovaires et sans gonades non binaires, eu égard à Ste Thérèse de l’Inclusion) s’en prenne lapidairement à qui que ce soit, il est de mon devoir à mon tour de de leur en foutre une couche, qu’ils tiennent fortement par ailleurs. Et de leur dire que si la connerie se mesurait par un toucher rectal, ils n’auraient plus jamais de problème de constipation.

Car oui, je veux que les cons s’expriment, qu’il viennent sur la grand place, au milieu de la plèbe que nous sommes et déclament leurs vers, leur prose, leur… ah ben non, leur rien d’autre puisque tout ce qui n’est pas prose est vers et tout ce qui n’est point vers est prose ©. Qu’ils postillonnent sous le soleil, sous les étoiles, sous une pluie battante qui leur fera attraper froid et tousser à s’en enfoncer des cotons-tiges dans le tarin pour savoir quel pourcentage d’ADN de pangolin leurs cellules contiennent ; ah ! chienne d’époque ! Qu’ils y viennent comme dirait le pilier de comptoir prêt à en découdre ; qu’on se mette sur la poire une bonne fois, puis une deuxième et une troisième s’il le faut. On finira bien par se réconcilier un jour au cimetière, en regardant par une fissure de nos pierres tombales un monde dont on n’aura pas assez profité, occupés que nous étions à nous cracher dans les yeux. On sera devenus copains alors. Et dans la petite tombe à côté de nous on entendra pleurer. Un petit pleur aigu et étouffé. Celui d’un doux enfant parti trop tôt sous les coups de ceux dont ici je veux qu’on tue à jamais l’impudence : les fourbes. Car si le con au grand air ne représente comme danger pour l’humanité que celui d’être suivi par des plus cons que lui (Ô Boileau, si tu savais…), le con caché, le fourbe, le traitre, l’assassin de coursives, le comploteur des palais, celui qui se masque, se drape, se cache et aux autres fait la révérence pendant qu’il croc-en-jambe (sic) son prochain et le laisse s’étouffer dans la merde qu’il aura déféqué sur le pavé juste sous son nez. Cet animal immonde, somme de toutes les vomissures et de toutes les déjections de nos pensées les plus abjectes. Ce néant de conscience, ce zéro de l’évolution qui vaut bien moins que les pierres des rues qu’il foule. Celui-ci doit se taire, ou pour reprendre mon crédo, acquérir le courage de venir sur le devant de la scène. Car s’il ne chuchote plus et qu’on le pousse à hurler sa gouaille, alors il en sera tout autre chose, et vous verrez le héros des placards, comme un ballon de baudruche qu’on pique avec une aiguille, d’un coup se dérober et s’enfuir désordonné, loin, aussi loin qu’il pourra.

Ne pleure pas, jamais, toi qui reçois de ces fourbes les mots tachés. Ils ne sont rien et n’existent pour personne d’autre qu’eux-mêmes. Toi par contre tu es notre amie. L’amie des cons, l’amie des bons, des fées, des rats et des scélérats, qui s’accordent tous sur la nécessité d’une parole libre et forte, mais qui jamais ne confondent cette liberté avec celle de tuer dans l’anonymat d’une alcôve isolée ceux qui n’ont pas envie de se défendre.

3 commentaires sur “Billet d’humeur #9

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